Articles de jdizant
Sabrina
Un accident de la route et Sabrina se réveille nue et sans souvenirs. Pour éclaircir le mystère de la veille, elle devra remonter le temps et, peut-être aussi, visiter son passé.
Notre héroïne, une psychologue trentenaire abîmée par la séparation de ses parents, nous entrainera, malgré elle, dans les traumatismes qu’un être conserve après un abandon.
Un monde résolument moderne, des personnages terriblement humains, des dialogues étrangement justes. Ce livre nous plonge dans une réalité parfois volontairement occultée tant elle fait partie de notre quotidien. 
Sacré Gérard
Il n'y a rien d'angoissant dans une page blanche ! C'est la page écrite, moi, qui aurait tendance à me faire peur, tous ces feuillets noircis, c'est impressionnant. C'est exactement cela : j'ai l'angoisse devant la page noire.
Gérard Depardieu

Cela fonctionne aussi lors de la sieste
Aucune femme d'écrivain ne comprendra jamais que son mari travaille quand il regarde par la fenêtre.
Burton Rascoe
Je remercie sincèrement Burton Rascoe de confirmer ma théorie qu'un écrivain peut travailler sans un stylo en main. Pour ma part, je profite de mon sommeil pour m'adonner pleinement à l'écriture. A bon entendueur, moi je vais dormir...
L'écriture à haute voix
Avant le mal de tête d'après fêtes, je vous invite à découvrir ce texte de Roland Barthes. 
"S'il était possible d'imaginer une esthétique du plaisir textuel, il faudrait y inclure l'écriture à haute voix. Cette écriture vocale (qui n'est pas tout à fait la parole), on ne la pratique pas, mais c'est sans doute elle que recommandait Artaud et que demande Sollers. Parlons-en comme si elle existait.
Dans l'antiquité, la rhétorique comprenait une partie oubliée, censurée par les commentateurs classiques : l'actio, ensemble de recettes propres à permettre l'extériorisation corporelle du discours : il s'agissait d'u, théâtre de l'expression, l'orateur-comédien « exprimant » son indignation, sa compassion, etc. L'écriture à haute voix, elle, n'est pas expressive ; elle laisse l'expression au phéno-texte, au code régulier de la communication ; pour sa part elle appartient au geno-texte, à la signifiance ; elle est portée, non pas par les inflexions dramatiques, les intonations malignes, les accents complaisants, mais par le grain de la voix, qui est un mixte érotique de timbre et de langage, et peu donc être lui aussi, à l'égal de la diction, la matière d'un art : l'art de conduire le corps (d'où son importance dans les théâtres extrême-orientaux).
Eu égard aux sons de la langue, l'écriture à haute voix n'est pas phonologique, mais phonétique ; son objectif n'est pas la clarté des messages, le théâtre des émotions ; ce qu'elle cherche (dans une perspective de jouissance), ce sont les incidents pulsionnels, c'est le langage tapissé de peau, un texte où l'on puisse entendre le grain du gosier, la patine des consones, la volupté des voyelles, toute une stéréophonie de la chair profonde : l'articulation du corps, de la langue, non celle du sens, du langage. Un certain art de la mélodie peut donner une idée de cette écriture vocale ; mais comme la mélodie est morte, c'est peut-être aujourd'hui au cinéma qu'on la trouverait le plus facilement. Il suffit en effet que le cinéma prennent de
très près le son de la parole (c'est en somme la définition généralisée du grain de l'écriture et fasse entendre dans leur matérialité, dans leur sensualité, le souffle, la rocaille, la pulpe des lèvres, toute une présence du museau humain (que les voix soient fraîches, souples, lubrifiées, finement granuleuses et vibrantes comme le museau d'un animal, pour qu'il réuisse à déporter le signifié très loin et à jeter, pour ainsi dire, le corps anonyme de l'acteur à mon oreille : ça granule, ça grésille, ça caresse, ça râpe, ça coupe : ça jouit."
Roland Barthes






