Articles de jdizant
Une vérité de Céline
La vérité, là, tout simplement, la librairie souffre d'une très grave crise de mévente.
Achetez un livre ? L'objet empruntable entre tous ! Un livre est lu, c'est entendu, par vingt… vingt-cinq lecteurs… ah si le pain ou le jambon, mettons, pouvaient aussi bien régaler, une seule tranche, vingt… vingt-cinq consommateurs ! Quelle aubaine !…
Le miracle de la multiplication des petits pains vous laisse rêveur, mais la multiplication des livres, et par conséquent de la gratuité du travail d'écrivain est un fait bien acquis.
Il est supposé, lui, l'auteur, jouir d'une solide fortune personnelle, ou d'une rente d'un très grand parti, ou avoir découvert (plus fort que la fusion de l'atome) le secret de vivre sans bouffer.
Seule la misère libère le génie… il convient que l'artiste souffre !… et pas qu'un peu !… et tant et plus !… puisqu'il n'enfante que dans la douleur !… et que la douleur est son maître !
Louis-Ferdinand Céline
Si je savais écrire...
Apprendre
Un beau jour, l’idée me vint que, si je savais écrire, je pourrais dire autre chose que ce que je pensais, et je me mis à essayer de le faire, avec tout ce qui s’était fixé dans ma mémoire, des lettres, des syllabes, des mots. (...) Peu à peu, je me mis à me persuader que l’écriture n’avait pas du tout été inventée pour ce que les grandes personnes prétendaient, à quoi parler suffit, mais pour fixer, bien plutôt que des idées pour les autres, des choses pour soi. Des secrets. (...) Je jouais aux secrets, voilà ce que personne ne pouvait savoir. Et c’était un jeu qui m’enflammait, d’abord parce qu’il me forçait à avoir des secrets. Puis à leur donner forme, comme si j’avais un correspondant, un ami, qui seul pouvait les comprendre, mes griffouillis. (...) C’est pour cet ami-là que je me pris à faire des progrès dans l’art de tracer des signes, que je montrais aux miroirs, où un autre moi-même faisait semblant de les lire. (...) Je crois encore qu’on pense à partir de ce qu’on écrit, et pas le contraire. (...) Moi, je ne fais des calculs que pour voir surgir sur le papier des chiffres, des nombres inattendus, dont le sens m’échappe, mais après quoi je rêve. J’écris comme cela des romans.
Louis Aragon
Premier billet du blog de Johann Dizant

Découvrez ou redécouvrez le Marquis de Sade avec l’appropriation des aventures de Justine par Johann Dizant.
Le manuscrit original des Infortunes de la vertu a été durant la vie de Sade continuellement corrigé
par ce dernier. Pour les deux cents ans de sa mort, je vous présente la quatrième édition de : « Justine».
« Justine » est une actualisation de l’écrit du divin Marquis. Une des forces de cette nouvelle version
est incontestablement le souffle de vie qui est donné aux personnages. Une histoire épurée dans un
style allégé sans pour autant dénaturer l’œuvre de Sade. Cet écrit vous permettra d’entrer dans
l’univers complexe du divin Marquis. Cet ouvrage est accompagné d’une réflexion sur l’œuvre du
Marquis de Sade.
Johann Dizant fut intrigué par Sade dès son adolescence, il lui parut évident de prolonger le parcours
d’un écrivain, d’un philosophe, d’un poète, de cet athée qui trouva dans le vice un mal pour un bien.
En réécrivant l’œuvre majeure d’un homme qui bouscula une époque par un mode de pensée où le
vice l’emporta sur la vertu, Dizant redonne une vie aux aventures de Justine.
La sortie du livre est prévue pour décembre aux éditions Terriciaë.